Plus beau grâce à la science

Publié le par Admin



Douceur, éclat, élasticité, brillance, les produits cosmétiques redoublent d'innovation pour répondre aux besoins modernes. Mais que renferment ces produits ? Sont-ils vraiment actifs ? Existe-t-il un risque de toxicité ? Tous les secrets de la cosmétologie enfin révélés.

La cosmétologie : l'onctuosité

Comme tout individu nous nous fions à nos sens pour faire notre choix. C'est complètement naturel et ce depuis des millénaires. Les entreprises cosmétologiques y répondent en innovant toujours plus. Qui oserait acheter un produit qui colle et qui s'étale mal ? Personne. Notre souhait : un peu de douceur dans ce monde de brutes.

 

 
Les excipients se retrouvent également dans les médicaments et agissent sur leur aspect ainsi que le goût.
 

Des molécules en pagaille

Comme vous vous en doutez, il ne suffit pas de deux petites gouttes pour créer un produit cosmétique. Lisez au dos de nos produits pour vous rendre compte de la complexité de la chose et des nombreuses molécules en présence. En moyenne, les produits contiennent pas moins d'une vingtaine d'ingrédients.

Toutes les crèmes, dentifrices et autres possèdent la même structure, c'est-à-dire la même "moelle épinière" : un ou plusieurs principes actifs aux vertus thérapeutiques, des excipients responsables du transport du produit actif jusqu'à la cible souhaitée et enfin de nombreux additifs divers et variés. Ils comprennent les adjuvants, les conservateurs, les colorants, les antioxydants, les émulsifiants, les tensioactifs, etc.

Au total, 8 000 ingrédients cosmétiques sont référencés et utilisés dans des formules tenues secrètes par les laboratoires de recherche. Ils peuvent être aussi bien d'origine végétale c'est-à-dire tirés de plantes que minéral ou encore synthétique, élaborés uniquement en laboratoire.

Un toucher velouté

Oubliez les crèmes qui collent aux vêtements après application, place à la volupté. Pour rendre nos produits cosmétiques agréables, les chercheurs utilisent des excipients qui confèrent l'aspect et la nature des produits. Ils conduisent les principes actifs du produit vers leur destination. Mais quels sont ces excipients ?

Et bien rien de rare car vous en entendez parler tous les jours : les huiles, l'eau et l'alcool. On les retrouve systématiquement dans les produits d'hygiène, les gels douche, les shampoings ou déodorants. Ils n'interfèrent en rien dans le principe actif. D'autres excipients sont d'origine végétale comme l'amande douce ou le beurre de karité qui hydratent la peau et les cheveux. Ce beurre de karité est obtenu à partir des fruits du karité, arbre sacré d'Afrique après avoir été séchés, concassés et torréfiés. Il est très riche en acides gras : 70% d'acide oléique et 20 % d'acide stéarique.

Autre excipient utilisé par les cosmétiques, les silicones. D'origine synthétique, ils sont constitués de polymères inorganiques. Leur particularité est de donner une faible viscosité au produit, permettant une meilleur pénétration et étalement. On le retrouve essentiellement dans le maquillage tel que le vernis à ongles.

La senteur


Après le toucher, l'odorat. Pour toujours attirer les consommateurs, questions de marketing, les chercheurs travaillent énormément les senteurs. Jasmin, rose, violette, camomille, lavande… il y en a pour tous les goûts. Pour les recréer, des essences naturelles sont élaborées naturellement ou alors recréer synthétiquement en laboratoire. Ces essences s'obtiennent majoritairement par macération et distillation. Par exemple, pour extraire une senteur de rose, les scientifiques sèchent des fleurs, puis les font macérer dans un mélange secret contenant de l'eau puis distiller : l'hydrodistillation. Pour pouvoir élaborer des produits qui plaisent, les scientifiques ont beaucoup travaillé sur la perception des odeurs, à l'image de Uwe J. Meierhenrich , chercheur au CNRS. Il travaille à l'analyse et la caractérisation des molécules odorantes et aromatisantes au sein du laboratoire " Arômes, synthèse et interaction ".

Le soin

Depuis toujours, les femmes prennent soin de leur corps et de leur chevelure. Depuis peu, les hommes se laissent séduire par ces moments de détente et de relaxation après des journées stressantes. Un filon que les industries de cosmétiques exploitent au maximum. Crème anti-rides ou raffermissantes, maquillage respirant et détoxifiant, déodorant anti-transpirant, etc. Comment tenir ses promesses ?

 

 
La fibre de collagène est responsable de l'effet tenseur de la peau.
 

Une barrière protectrice fragile

Au-delà d'une simple coquetterie, prendre soin de son corps est nécessaire voire même un geste sanitaire. La peau, petite surface souple de 2 m² remplit des fonctions importantes pour notre organisme. Elle nous protège des agressions extérieures, en l'occurrence des rayons ultraviolets émis par le soleil, l'attaque de micro-organismes et des chocs. Ses millions de pores œuvrent également à la régulation de notre température et les mélanocytes participent à la synthèse de la vitamine D. Une petite machine à cajoler et à entretenir.

L'enjeu des cosmétiques est grand car ils doivent impérativement préserver ces fonctions naturelles et les renforcer contre les affres du temps. Plusieurs laboratoires ont étudiés de près les composants de la peau pour ensuite élaborer des principes actifs. La protection de la peau est assurée par les kératines, cellules cornées ainsi que par le sébum secrété par les glandes sébacées situées près des follicules pileux. Les fibres de collagène et d'élastine, ainsi que l'acide hyaluronique situés dans le derme, couche profonde de la peau, ont des effets tenseurs. Les produits tentent de contribuer à leurs actions.

Des vertus thérapeutiques

Les plantes renferment de nombreux principes actifs. Leur première utilisation était purement médicale. A l'heure actuelle les irréductibles de la phytothérapie continuent encore de se soigner par la "méthode douce".

Prenons par exemple la camomille, cette plante est utilisée au départ car elle a des propriétés relaxantes, adoucissantes et permet de faciliter la digestion. Les responsables : les constituants polyphénoliques. Ces molécules naturelles agissent sur notre organisme. Les flavénoïdes contenus dans la camomille sont antispasmodiques. Ils agissent directement sur les muscles et les relâchent. On retrouve cette plante dans les shampoings destinés aux blonds. Les flavénoïdes, toujours, entrent dans la composition de nombreux pigments végétaux et en particulier les pigments jaune orange. Ils renforcent la blondeur des cheveux.

Les cosmétiques ont beaucoup recours à ces plantes comme la lavande, le jasmin, etc. Elles contiennent toutes des molécules naturelles aux propriétés relaxantes, calmantes, adoucissantes, ce qui plaît énormément aux consommateurs en manque de nature.

Les couleurs

Troisième sens mis en éveil la vue. Les couleurs chatoyantes, ocres ou naturelles, les cosmétiques regorgent de nuances. Pour donner un aspect attrayant, les chercheurs en laboratoire marient les pigments ainsi que les colorants. Une technique pas si nouvelle que ça.

 

 
Le maquillage des femmes egyptiennes contenait des pigments d'origine minérale.
 

Une utilisation "vieille comme le monde"

Comment croyez-vous que les hommes préhistoriques ont peint leurs fresques sur les murs des grottes ? Les pigments. A chaque période de notre histoire, les pigments sont présents et sont les outils de leur témoignage : les dessins préhistoriques, les hiéroglyphes, les manuscrits du Moyen Age…

A la Préhistoire, les pigments utilisés étaient essentiellement des ocres, de l'argile rouge orangé ainsi que du calcaire comme la craie. Le charbon de bois et les os calcinés leur fournissaient la couleur noire. Les Egyptiens puis les Grecs élaborèrent de nouveaux pigments à partir de pierres dures broyées et inventèrentt le bleu ainsi que le vert. Les Egyptiennes se mettaient sur les paupières de la poudre d'hématite. Quant au Moyen Age, l'or et l'argent font leur apparition. Les couleurs sont un moyen de communication et d'expression que les hommes utilisent depuis toujours bien avant de découvrir la parole. Les cosmétiques, par leurs produits, développent un système de communication du bien être et de la santé.

Différence entre pigment et colorant

La distinction entre les pigments et les colorants repose sur leur nature. Les pigments sont pour la plupart insolubles c'est-à-dire qu'ils ne se dissolvent pas ou ne se mélangent pas directement avec la matière. Par exemple, si vous essayez de vous maquiller avec de la terre d'ocre, vous verrez qu'elle ne pénètre pas dans votre peau pour la colorer. Il faut y ajouter un liant comme de l'huile ou de la crème pour l'unifier.

En somme l'inverse du colorant qui lui est parfaitement absorbable. Si vous voulez changer la couleur d'un pantalon il vous suffit de le plonger dans un colorant. Il pénètre dans le tissu, pas besoin de liant. Cette absorption résulte de l'union chimique entre les molécules du colorant et du support.

 

 
Les pigments sont testés car ils peuvent donner des allergies.
 

Tout en nuance

Comme vous pouvez vous en douter, nous sommes loin des hommes préhistoriques et des os calcinés pour créer des couleurs. Actuellement, les compositions pigmentaires des cosmétiques et plus particulièrement des fards sont majoritairement d'origine minérale. On utilise beaucoup les oxydes de fer, de chrome, de manganèse, etc. Les colorants ne sont pas en reste, ils sont pour la plupart synthétiques tels que les phénols et les composés azoïques.

Bien sûr dans les cosmétiques tous les pigments ne sont pas bons à prendre. Des tests dermatologiques sont effectués en amont de toute vente de produits pour éviter des réactions allergiques ou des cancers. Un pigment que l'on n'utilise plus, le blanc de céruse. Les hommes et les femmes du XVIe au XVIIIe siècles l'utilisaient fréquemment pour se blanchir la peau. Mais il est extrêmement toxique car il contient du plomb.

5 produits du quotidien : le savon

La consommation annuelle de savon s'élève à plus de 2,5 millions de tonnes. Il est le premier produit cosmétique utilisé suivi des shampoings. En bloc ou en gel, le savon est indispensable à l'hygiène. Il sert également à nettoyer les sols et à faire la lessive (poudre).

 

 
Les savons durs s'obtiennent lors de la saponification avec de la soude.
 

Fabrication très chimique

Le premier savon a été fabriqué il y a 3 000 ans en Syrie à partir d'huile d'olive et de soude. Il existe aujourd'hui plusieurs variétés : savon de Marseille, d'Alep, noir, surgras, etc. il est élaboré à partir de matières grasses et soude (ou potasse). Ces matières grasses varient suivant le savon fabriqué. Par exemple, on peut utiliser de l'huile d'arachide ou de palme mais également du saindoux (graisse de porc).

Ce mélange va subir une réaction chimique, la saponification où les corps gras sont hydrolysés par la soude ou la potasse. Il ressort de cette transformation du glycérol, au vertu hydratante et un mélange de carboxylates de sodium (ou potassium suivant le produit utilisé) aux fonctions nettoyantes dites tensioactives.

Objectif nettoyage

Le savon tout comme le shampoing et le dentifrice contient un tensioactif. Leur mission : disperser les corps gras dans l'eau pour les éliminer. Comment ça marche ? Tout repose sur les molécules de carboxylates de sodium. Elles sont qualifiées d'amphiphile, c'est-à-dire qu'elles aiment à la fois l'eau et les graisses. Imaginez un squelette dont une extrémité capte les molécules d'eau et l'autre les graisses.

Et bien ces molécules se comportent de la même manière. Les graisses émises par notre corps qui servent avant tout de protection en formant une fine couche vont être éliminées lors de la toilette. Les carboxylates de sodium les emprisonnent et elles sont évacuées par l'eau de rinçage.

Ce "lessivage" comporte un bémol. En ôtant le film lipidique protecteur, la peau est soumise à des agressions extérieures. Pour amoindrir cet effet nocif, les chercheurs incorporent dans ces produits des additifs comme de l'huile pour hydrater la peau. Et puis, ce film graisseux se régénère naturellement au bout de quelques heures.

Les cosmétiques jouent avec les additifs pour rendre le savon le plus attrayant possible. Ils y ajoutent des colorants, des conservateurs, des agents hydratants comme le miel, des essences naturelles pour les parfumer.

En savoir plus



Pourquoi le savon lave ? 

... Le savon lave ?
Avez-vous déjà essayé d'enlever du beurre de vos mains sans avoir recours à du savon ? Vous aurez beau frotter de toutes vos forces ou rincer abondamment, ce sera mission impossible ! Car ce qu'il faut, c'est dissoudre.

L'eau seule inefficace

L'eau seule réussit à faire disparaître certaines saletés comme de la terre sur nos mains sans l'aide de savon, mais pourrait-elle faire de même avec de la graisse ou de l'huile ? Non, et pour deux raisons.

D'abord, parce qu'elle…ne mouille pas. Difficile à croire ! Et pourtant, si vous passez le jet de douche sur la peau, vous constatez que l'eau dégouline sous forme de gouttes et laisse des parties sèches. En revanche, quand la peau est enduite de savon, l'eau adhère. 

Le double jeu des molécules

Seconde explication : l'eau ne dissout pas les graisses, elle glisse dessus, sans aucune prise. Le savon, lui, le fait très bien.

Pour comprendre comment, il faut s'approcher très près, au niveau moléculaire. Chaque molécule de savon est en effet constituée de deux parties : une partie qui "aime l'eau", la tête hydrophile, et une autre qui la déteste, mais qui aime toutes les matières grasses, la partie hydrophobe. On parle de molécules tensio-actives.

Lors du lavage, la partie hydrophobe s'accroche à la graisse. Comme les particules de savon sont nombreuses et cherchent à orienter leur queue hydrophobe vers la graisse, elles parviennent à s'insinuer entre la peau et la graisse. Résultat : la saleté se décolle. La graisse se retrouve alors en suspension, entourée de molécules de savon qui tournent vers l'eau leurs têtes hydrophiles. Au moment du rinçage, l'eau entraîne ce mélange graisse-savon.

 


Lors du lavage des mains, les molécules de savon s'insinuent entre la saleté et la peau. Elles seront évacuées lors du rinçage. 

Le savon sans savon


Et le gel douche ? Il agit selon le même principe. Il contient, en plus du savon, des agents moussants, un parfum et un conditionneur qui rend la texture agréable à appliquer. Quant aux gels douches "sans savon", ils diffèrent des autres par leur mode de fabrication : ils ne sont pas conçus à partir de la saponification, la réaction chimique à l'origine du savon. L'intérêt : mieux doser l'acidité du produit pour rapprocher le pH de celui de la peau.

Et les bulles alors ?


Lors de tout lavage, on observe la formation de mousse. En agitant l'eau du bain, ou en se massant le cuir chevelu, on introduit de l'air dans le bain moussant ou le shampooing. Celui-ci va se mélanger aux molécules de savon que l'on trouve à la surface de l'eau. Et voilà comment se forment les bulles ! La graisse casse cette mousse lorsqu'elle s'associe au savon. Donc, plus il y a de graisses, moins il y a de mousse. Vous comprenez maintenant pourquoi votre deuxième shampooing mousse davantage que le premier !


Pourquoi le shampoing mousse-t-il ? 

Chaque shampoing se transforme en bain de mousse et vous rêvez d’un produit lavant qui ne crée pas ce genre de réaction. Même en réduisant les doses, impossible de l’éviter. Tant mieux, car la mousse joue un rôle important dans l’hygiène.

Nous avons tendance à assimiler une mousse abondante à un effet lavant plus efficace. Nous n'avons pas totalement tort. En réalité plus nos cheveux sont propres, plus il y a de mousse quand on les lave.


En frottant les cheveux avec de l'eau et du shampoing, la mousse apparaît et augmente.

L'eau insuffisante

Aujourd'hui nous ne savons plus quel shampoing choisir tant il y en a de différents. Mais laissons de côté, pour le moment, leurs propriétés démêlantes et lissantes, pour mieux nous concentrer sur leur qualité d'agent lavant. Car la fonction première d'un shampoing est d'assurer une bonne hygiène.

En effet, tous les jours, des corps gras et saletés s'accumulent sur nos cheveux. Impossible de les enlever tous avec seulement de l'eau. Les impuretés sont comme attachées à la fibre capillaire et l'eau glisse superficiellement sur elle. Car les cheveux sont hydrophobes. Mais les cheveux sales ne sont pas une fatalité, et ce grâce au shampoing et aux tensioactifs qu'il contient.



Des tensioactifs... actifs

Les tensioactifs sont des agents qui repérent les saletés, les décrochent de la fibre capillaire et les font se disperser dans l'eau. Ce sont donc les actifs des agents lavants. Ils ressemblent grossièrement à des épingles : une tête qui adore l'eau et une longue pointe qui la déteste. Ce sont eux qui créent en partie la mousse.

Au cours du shampooing, en frottant vos cheveux vous créez une émulsion entre l'eau, les tensioactifs et les saletés. Les têtes des tensioactifs se jettent à l'eau et se serrent les unes contres les autres, tandis que leurs pointes restent bien en dehors de la bataille. Mais sans le savoir, si proches, ils forment une sorte de film tout autour et y emprisonnent un peu d'air : ceci est la naissance d'une bulle. Une, puis deux, puis des milliers etc. qui génèrent la mousse. Pour résumer, les tensioactifs permettent la formation des bulles et donc de la mousse, et débarrassent ainsi les cheveux de leurs impuretés. Donc si le shampooing mousse, c'est d'abord pour assurer une bonne hygiène.

Plus les impuretés sont nombreuses et plus les bulles sont petites et fragiles. Donc en gros, plus vous êtes propre quand vous vous lavez et plus il y a de mousse. Mais attention à ne pas nécessairement assimiler la mousse à une bonne hygiène. Même si elle assure une meilleure disparition des corps gras, la mousse ne les élimine pas définitivement. On considère d'ailleurs qu'un shampooing en enlève entre 40 et 60 %.

Sublimer sa beauté naturelle


 

Véritable symbole de la féminité, le maquillage embellit les femmes depuis l'Egypte antique. Les Egyptiennes apposaient sur leurs yeux de la poudre d'hématite et se dessinaient des yeux de biche avec des pigments issus de pierres dures. Créer des produits de maquillage n'est pas chose aisée. Dans les formulations, il faut tenir compte de l'étalement du produit, de sa résistance, de son hydratation, son pouvoir couvrant, etc. Prenons l'exemple d'un produit comme le mascara. Il est composé d'eau, de tensioactif doux comme le stéarate de triethanolamine qui permet de l'ôter avec de l'eau et du savon, différentes cires d'origine animale (cire d'abeille), végétale (riz) et minérale (paraffine) pour la consistance. Différents pigments y sont ajoutés suivant la couleur souhaitée, oxyde de fer ou bleu outremer ; la cellulose ou la gomme arabique permet d'épaissir le mélange.

Arme de séduction

Certains le considèrent comme le reflet de la personnalité d'une personne, le parfum envoûte, séduit et enivre. Tous les grands créateurs de mode en élaborent et en font un best seller comme "N°5" de Chanel. Sa formule chimique fait l'objet de toutes les convoitises et relève du secret d'état.

 
Tous ces flacons contiennent différentes odeurs que seul un "nez" est capable de distinguer et de marier ensemble.
 

Des essences multiples

Hormis la formule "magique" créée par le "nez", tout repose sur les matières premières. Contrairement aux idées reçues, la plupart des parfums ne sont pas confectionnés uniquement de fleurs. Les parfumeurs mélangent aussi bien les fruits que l'écorce ou le bois des végétaux. Parmi les fleurs, on retrouve beaucoup le jasmin, la rose, la narcisse ou l'ilang-l'ilang. Les agrumes sont les fruits les plus utilisés et on les retrouve essentiellement dans les eaux de Cologne. Les notes les plus affirmées sont apportées par la cannelle, le bois de santal, la myrrhe, etc. Pour baisser les coûts de fabrication, la majorité de ces essences est recréées en laboratoire synthétiquement.

Les essences animales sont également synthétisées mais cette fois pour des raisons éthiques. Servant de fixateur, on les retrouve beaucoup dans les parfums masculins. Le musc est très présent. Cette hormone secrétée par le chevrotin du Tibet sert à attirer les femelles pour la reproduction. Elle se détecte à 1 kilomètre. Deux autres hormones sexuelles sont utilisées dans la confection de parfum : la castoréum (castor) et la civette (du même nom que l'animal).


Les parfums naturels existent de moins en moins car trop coûteux. L'essor de la chimie fin du XIXe siècle a permis une confection synthétique mais de moins bonne qualité.

100% chimique

La difficulté de la fabrication synthétique d'un parfum réside dans l'élaboration des molécules des odeurs à reproduire. Les chimistes ont recours à deux techniques : la synthèse et l'hémisynthèse. La synthèse requière de nombreuses étapes chimiques complexes telles que l'estérification, l'hydrogénation…Des termes très savants. La molécule souhaitée est produite à partir d'une matière fossile issue de la pétrochimie : alcool, benzène, etc.

Quant à l'hémisynthèse, le procédé est plus simple. Prenons l'exemple de la vanille. L'odeur est reproduite à partir de la lignine. Pourquoi ? Elle permet de créer en grande quantité le composé actif de la vanille, la vanilline et ce beaucoup moins cher.

100% naturel 

Les maisons de parfumerie de renom et les maisons de couture se refusent à créer des parfums chimiquement. Rien ne vaut la manière naturelle et le flair incroyable des "nez". L'extraction des odeurs réclame plus de temps. Là encore, plusieurs techniques s'offrent aux parfumeurs : l'expression, la distillation, la macération…

Suivant la fragilité des fleurs ou autres, certaines techniques vont être privilégiées. Par exemple, la violette ne supporte pas la chaleur. Pour contourner le problème, les fleurs, avides de corps gras, sont plongées dans un bain d'huiles légèrement chauffé : c'est la macération. Le mélange est ensuite filtré puis lavé à l'alcool pur. S'en suit une nouvelle filtration pour ôter toutes traces de corps gras et de solvant, l'alcool. Le filtrat récolté est imprégné de l'odeur de violette. Le nez pourra ensuite l'incorporer dans sa préparation. 

Comment fabrique-t-on un parfum ?

Boisée, fleurie, fruitée, ambrée... Nous sommes capables de reconnaître plus de 10 000 odeurs différentes. Naturelles ou artificielles, comment sont-elles produites ?

On distingue deux procédés de fabrication du parfum : la distillation et l'extraction.


La distillation

Elle consiste à extraire le parfum par vapeur d'eau dans un alambic. L'alambic est une cuve en acier surmontée d'un tuyau en serpentin dans laquelle on place les végétaux et 5 à 10 fois leur volume d'eau. La cuve est chauffée et mise sous pression, pour que la vapeur entraîne l'odeur du produit. En traversant le serpentin et en refroidissant, la vapeur se condense et l'on obtient de l'huile essentielle.




L'extraction
Une autre méthode consiste à faire infuser les matières végétales dans un mélange de solvant et d'eau, à 60°C environ. Cette méthode était autrefois pratiquée avec de l'huile. Aujourd'hui, on utilise des solvants volatils, comme l'éthanol, le méthanol, le benzène ou le dioxyde de carbone. Après évaporation, on obtient une sorte de cire, la "concrète". En la mélangeant à de l'alcool, chauffée puis refroidie, la partie huileuse de la concrète est éliminée pour obtenir de "l'absolue".

Chaque solvant est sélectif pour un type de plante. Le CO2 est utilisé pour extraire les substances peu odorantes, par exemple les écorces, les graines ou les épices. Sous pression et à une température inférieure à 40°C, le CO2 devient liquide : on y plonge alors les végétaux, qui n'ont ainsi pas besoin d'être chauffés inutilement. Une fois évaporé, il ne reste aucune trace de solvant.

Les huiles essentielles constituent pour la plupart les notes de tête, tandis que l'absolue est utilisée en note de fond.

A savoir
 
La note de tête est la senteur chimiquement volatile, que l'on sent immédiatement après avoir vaporisé le parfum. Elle a souvent une forte odeur d'alcool.
La note de cœur, qui se diffuse entre la 2ème et la 3ème heure, est souvent celle qui définit le parfum.
Le note de fond, la plus diffusive et la plus tenace, est celle qui persiste plusieurs heures sur la peau.

Les parfums de synthèse
Comme dans le textile, où les nouvelles matières comme le lycra ou le polyester ont permis de créer des vêtements aux propriétés diverses, la parfumerie tire aujourd'hui partie des progrès de la chimie.

Les molécules de synthèse n'ont pas complètement remplacé les matières premières naturelles, mais elles viennent compléter la gamme de fragrances à disposition du parfumeur. L'odeur de synthèse est parfois même plus fidèle, comme dans le cas de la rose.

De plus, certaines matières premières sont particulièrement difficiles à trouver (des fleurs qui ne poussent que quelques semaines par an, par exemple). Grâce à la synthèse, on peut obtenir un parfum stable et en grande quantité.

Pour autant, ce n'est pas forcément moins coûteux : certains mélanges nécesssitent une suite d'opérations complexes et longues : chloration, distillation, cyclisation, hydrogénation, estérification… Plus il y a d'étapes et plus le produit coûtera cher.

50 à 90% de la composition d'un parfum est constituée par des molécules de synthèse. Le n°5 de Chanel est par exemple un mélange d'absolue d'ylang-ylang et d'aldéides. Aujourd'hui, certains appareils sont capables de "sentir" un bouquet, d'analyser chaque odeur et des les recréer artificiellement. On peut même inventer des odeurs, ou obtenir un produit qui sent le vin, la truffe, ou la tomate !



LE SAVIEZ-VOUS ?
Pour extraire 1 kg d'huile essentielle, il faut 200 kg de lavande, 1000 kg de fleur et 3 tonnes de pétales de roses !
L'odeur de muguet est impossible à extraire : on est obligé de recourir au parfum de synthèse pour la recréer. Au contraire, on n'arrive pas à reproduite chimiquement l'odeur du patchouli.
Le parfum "First", de Van Cleef & Arpels contient 160 substance différentes, alors que "Jardin sur le Nil", de Hermès, n'en contient que 20.
On connaît aujourd'hui pas moins de 200 constituants du jasmin
Le musk est présent dans 35% des parfums. Autrefois extrait des cerfs mâles, il est aujourd'hui en grande majorité fabriqué artificiellement.
Les parfumeurs travaillent avec plus de 400 ingrédients naturels et 3000 molécules de synthèse.
Les crèmes "miracles"

Anti-oxydants, anti-capitons, anti-rides…anti tout. Les crèmes pullulent dans les rayons des magasins et encore plus en période de vacances et donc de plage. Avoir une silhouette parfaite et le visage lisse, lutter contre les méfaits du temps qui passe… Ces crèmes sont-elles capables de répondre à nos moindres désirs ?

 

 
Les amas graisseux se situent essentiellement au niveau des cuisses et du ventre. Les massages facilitent l'action des produits.
 

Anti-cellulite

Véritable cauchemar de la gente féminine, les excès de graisse font le bonheur des cosmétiques et des crèmes en tout genre. Qu'est ce que la cellulite ? De cause génétique, ou hormonale ou encore d'une mauvaise hygiène de vie, les graisses vont se stocker dans les cellules de la couche profonde du derme les adipocytes. Le surstockage va les faire gonfler et déformer la surface de la peau : la peau d'orange ou les capitons.

Les crèmes contiennent majoritairement un composé actif, la caféine. Cette molécule se retrouve aussi bien dans le cacao que la guarana. Outre ses vertus de stimulateur cardiaque et neuronal, il agit activement dans le processus de lipolyse. Ce procédé consiste en la destruction pure et simple des amas graisseux. D'autres composés renforcent son action en empêchant le stockage dans les adipocytes : la phloridzine présente dans la pomme et la piloselle, herbe des montagnes.

Bien sûr, n'attendez pas que le produit agisse tout seul. Un régime alimentaire équilibré et une activité sportive sont indispensables pour le bon fonctionnement des produits.

Les anti-rides

La peau est soumise à des agressions en permanence. Au fil du temps, les fibres de collagène et d'élastine se dégradent provoquant un relâchement cutané. Des stries se creusent : les rides. Ce processus naturel est renforcé par le vieillissement cellulaire dû au soleil, à la pollution et aux radicaux libres. Ces molécules présentes naturellement dans les cellules de l'organisme se multiplient sous l'effet du soleil, de l'alimentation, etc.

 
Le soleil participe activement au vieillissement de la peau et à la formation des rides.
 

Moyen pour y remédier : les antioxydants, enzymes et vitamines tirées entre autres, des aliments. La vitamine C se trouve dans les fruits et en l'occurrence les agrumes. La vitamine E empêche le mauvais cholestérol de se fixer sur les parois des artères. Les caroténoïdes, pigments présents dans les carottes sont également des antioxydants.

Les crèmes ne s'arrêtent pas là. Elles contiennent un cocktail explosif pour lutter contre les rides : le rétinol et l'acétyl oxo DHEA. Ces deux principes actifs agissent respectivement en stimulant la synthèse de protéines dans les cellules (comme le collagène) et favorise la formation de la couche hydrolipidique (donne une souplesse à la peau). Des études scientifiques ont prouvé que cette association de produits actifs diminuait sensiblement le nombre de rides.

Autres molécules "miracles", les AHA ou acides de fruits. Longtemps utilisées par les dermatologues, elles envahissent nos pots de crème. Présentes naturellement dans les produits lactés, fruits et plantes, elles stimulent le renouvellement cellulaire. Exfoliantes, elles éliminent d'abord les peaux mortes puis elles transforment la kératine, protéine de l'épiderme en acides aminés, petites molécules pour hydrater la peau et la rendre souple.

Bronzé toute l'année

Avoir un teint hâlé toute l'année, c'est possible. Les autobronzants se déclinent en crèmes, laits corporels, sprays et même sous forme de lingettes imprégnées. Son principe actif, le DHA (dihydroxyacétone) agit avec les cellules mortes de l'épiderme et plus particulièrement les acides aminés contenus à l'intérieur. Par la réaction chimique dite de Maillard, la DHA transforme ces petites molécules en pigments, les mélanoidines conférant une couleur brune à la peau. Le principe actif n'est en aucun toxique car il ne pénètre pas à l'intérieur de la peau.

Les autobronzants contiennent en plus de ce composé des solvants comme l'eau et le Sorbeth-30; des émulsifiants tels que l'isoceteth-30 donnent une texture douce et des conservateurs antibactériens comme le propylène glycol assurent une longue tenue du produit. Des additifs sont ajoutés au cas par cas pour apporter aux autobronzants une valeur ajoutée en plus du bronzage. Par exemple, ajoutez de la vitamine A et ce produit sera en plus anti-âge.

Beau mais... La toxicité

Depuis plusieurs années, les associations de consommateurs ainsi que des ONG telles que Greenpeace s'intéressent de près aux composés utilisés dans les formulations cosmétiques. Plusieurs études ont été réalisées et ont démontré que bon nombre de ces composants étaient toxiques.

 

 
Les phtalates contenus dans les produits cosmétiques peuvent être toxiques pour l'homme.
 

Des risques avérés ?

Les premiers composés épinglés par les études sont les phtalates. On les retrouve partout dans notre environnement et dans nos produits cosmétiques : shampoings, vernis à ongles, laques…Cette grande famille présente plusieurs molécules. Le plus dangereux est le DEHP qu'on ne retrouve pas dans les produits cosmétiques; le DEP (diéthyle phtalate) est le plus utilisé. Ces composés sont responsables de problèmes de fertilité. Des cas d'atrophie testiculaire ont été diagnostiqués chez des rongeurs cobayes, ainsi qu'une insuffisance hépatique, des cancers…

Les formaldéhydes utilisés comme principe actif dans les produits cosmétiques sont également responsables de cancers. D'autres composés suscitent également l'inquiétude des associations. Une vive polémique enfle en ce moment autour des déodorants. Leur teneur en aluminium serait à l'origine d'une forte progression du cancer du sein. Une étude américaine a prouvé qu'une épilation des aisselles au rasoir et l'application du déodorant en seraient responsables. Les entreprises cosmétiques soulignent, à juste titre, le manque de véracité des études menées sur ce sujet.

Réglementation à améliorer

Au vu des études alarmistes, la directive européenne 76/768/CEE dite "directive cosmétique" a été élaborée pour réglementer les produits cosmétiques mis sur le marché européen. Chaque produit doit être lisible pour le consommateur avec une étiquette détaillant la composition ainsi que le mode d'utilisation. L'article 7bis prévoit l'obligation pour les entreprises de cosmétiques de se soumettre à un dossier d'évaluation du produit fini sur la santé humaine. Mais la mise sur le marché ne demande pas d'autorisation. Par conséquent, tout fabricant ou importateur est responsable de la sécurité de ces produits.

"La commercialisation de cosmétiques ne nécessite pas d'autorisation"

Cette "directive cosmétique" a permis de réaliser une liste de substances classées cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction, donc interdites à la commercialisation. Parmi elles, on retrouve de nombreux phtalates. Mais les associations de consommateurs estiment que la directive ne va pas assez loin.

Une nouvelle réglementation, REACH adoptée en 2006 à l'échelle européenne vient compléter la "directive cosmétique" au niveau de la liste des substances chimiques toxiques et polluantes pour l'homme et l'environnement. Son objectif : faire que les substances hautement dangereuses soient interdites et remplacées.

Les allergies de contact


L' industrie des cosmétiques procède à des test en laboratoire sur des animaux afin de pouvoir observer les réactions de leurs produits sur le corps. Malgré ces précautions, certaines peronnes développent une hypersensibilité à des composés. D'ailleurs, les notices des produits conseillent souvent de se tester au préalable sur une petite parcelle de peau. Pourquoi ces molécules déclenchent une réaction allergique comme l'eczéma ? Lors de leur pénétration dans l'organisme, elles modifient des protéines qui sont alors perçues comme étrangères , les antigènes. Automatiquement le système immunitaire est mis en alerte et intervient. Il créé des anticorps qui au prochain contact avec les antigènes déclenchent la libération massive de l'histamine par les mastocytes. Elle provoque chez les rongeurs, un gonflement et des démangeaisons.

Essais animaliers

Autre point qui fait bondir les associations de défense des animaux : les tests effectués en laboratoire sur des animaux, lapins, cobayes, chats, etc., par l'industrie cosmétologique. La directive européenne 76/768/CEE a déjà statué sur ce point mais elle est renforcée par la directive REACH adoptée fin 2006

 

 
Les cornées des lapins sont détruites par des produits destinés à créer du maquillage.
 

Des essais polémiques

Pour pouvoir mettre sur le marché des produits cosmétiques, ils sont au préalable testés en laboratoire sur des animaux pour pouvoir observer les moindres réactions allergiques ou autres. Les associations de défense des animaux se sont élevées depuis plusieurs années contre ces pratiques qu'elles estiment "barbares et gratuites". Elles observaient des cornées de lapins brûlées par des gouttes destinées à l'élaboration de mascaras. Les lapins se retrouvaient complètement aveugles.

Depuis la mise en vigueur de la "directive cométique", le nombre d'animaux utilisé pour des expérimentations de produits cosmétiques a diminué de 4 200 à 1 600 en Europe.

Modernisation des techniques d'expérimentation

L'article 4 de la Directive cosmétique prévoit l'abrogation pure et simple des essais sur les animaux. Un calendrier a été mis au point en mai 2004 par un groupe d'experts comprenant des scientifiques des milieux universitaires et industriels, des membres d'associations de défense des animaux et des représentants des pouvoirs publics. L'objectif de ce calendrier est de mettre fin aux expérimentations animales tout en laissant le temps aux groupes de cosmétiques de se moderniser.

Deux projets d'initiatives privés ECOPA (European Consensus Platform for Alternatives ) et SCAAT (Steering Comittee on Alternatives to Animal Testing) ont été respectivement lancés en 2002 et en 1992 pour trouver des méthodes de substitution. Il est bien évident que la commercialisation des produits ne peut pas se faire sans tests. Question de santé publique.

 

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Publié dans Santé - Forme

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