Eternel besoin de reconnaissance
Dans les formations et les accompagnements que je fais, j’observe qu’un besoin fondamental est régulièrement en souffrance : le besoin de reconnaissance. Que ce soit pour le dirigeant, démuni face au besoin de reconnaissance de ses salariés « Je ne peux pas éternellement l’augmenter ! » ; que ce soit pour le salarié, déçu de recevoir bien peu de signes de reconnaissance positifs de son patron ; que ce soit pour la personne en recherche d’emploi, qui a du mal à se définir en positif.
Retour en arrière…
Si nous observons attentivement ce qu’il se passe autour de nous, la manière dont nous avons appris à fonctionner, reconnaissons que ce besoin est mis à mal depuis notre plus jeune enfance. Que dit-on à l’enfant qui pleure ? « Ne pleure pas, ce n’est pas grave » ! Comment corrige-t-on une dictée ? En soulignant les fautes, ce qu’Alice Miller appelle la pédagogie noire. Que dit-on à l’enfant qui rentre à la maison, heureux d’être 10ème de la classe ? « Arrête de te vanter » ou alors « ce serait bien que tu sois 9ème au prochain trimestre… ».
Nous avons appris, expériences après expériences, que :
- nos émotions négatives, tristesse, peur, déception…. n’ont pas de place et ne sont pas légitimes
- il est légitime de reconnaître ce qui ne va pas
- il est dangereux de reconnaître ce qui va
Quand notre besoin de reconnaissance est mis à mal…
Forts de ces expériences, nous avons appris des comportements que nous reproduisons facilement en entreprise.
Or le besoin de reconnaissance est un besoin fondamental de tous les être humains.
Nous sommes donc régulièrement mis en difficulté :
- nous aimerions une reconnaissance des choses que nous réussissons
- nous aimerions une reconnaissance des difficultés que nous affrontons et, dans le même temps :
- nous n’envisageons pas d’exprimer régulièrement de la reconnaissance à nos collaborateurs
Ajoutons à cela que nous avons également appris qu’il n’est pas correct de demander quelque chose à quelqu’un pour satisfaire nos besoins, que l’autre doit deviner nos besoins et la boucle est bouclée !
Il ne reste plus qu’à souffrir en silence, à quitter notre emploi quand la souffrance est trop grande pour aller ailleurs souffrir autrement.
Voie sans issue ? Peut-être pas…
Voici une démarche que je propose régulièrement à mes clients et à moi-même.
Etape 1 – Accorder le valeur à nos besoins
La première chose que je permets dans les formations et les séances de coaching c’est d’accorder de la valeur à nos besoins fondamentaux et d’accueillir le fait que, dans certaines situations, nos besoins ne sont pas satisfaits comme nous l’aimerions. Cette étape prend du temps et permet déjà de nourrir notre besoin de reconnaissance de ce que nous vivons !
Etape 2 – Prendre la responsabilité de nos besoins
La deuxième chose, étape souvent difficile, où l’aide d’une personne bienveillante est souvent utile, est de prendre l’entière responsabilité de nos besoins. Je n’ai pas besoin que mon patron reconnaisse ce que j’ai réussi, les difficultés que j’ai traversées. Non, en fait j’ai besoin que ce que j’ai réussi, les difficultés que j’ai traversées soient reconnus et je suis entièrement responsable de trouver une manière de satisfaire ce besoin vital pour moi. Jusqu’à présent, j’ai envisagé que çà vienne de mon patron, si possible par une augmentation, mais, lorsque cette piste ne fonctionne pas, j’ai la responsabilité d’en choisir d’autres.
Cette étape délicate est un vrai changement de paradigme.
J’ai un besoin de reconnaissance et j’ai la responsabilité de trouver une manière de le satisfaire.
Etape 3 – Développer ma créativité
J’adore cette étape qui consiste à envisager les manières réalistes et les plus faciles que chacun peut imaginer pour satisfaire ses besoins. Etape joyeuse, créative, étonnante, dynamisante. Et si j’allais voir mon patron et que je lui demandais « accepteriez-vous de me dire une chose que j’ai faite récemment et que vous avez apprécié ? ». Et si j’allais voir un proche collaborateur, en qui j’ai confiance, et que je lui posais cette même question ? Et si je m’accordais davantage de reconnaissance dans ma vie personnelle ?
Et puis cette question si fondamentale : et si je prenais un rendez-vous avec moi-même pour lister ce que j’ai fait récemment et que j’ai vraiment apprécié ?
Etape 4 – Choisir la facilité
Enfin, pour terminer : la bonne nouvelle ! Vous n’êtes pas obligé de choisir la solution la plus compliquée, la plus périlleuse. Je vous invite, au contraire, à choisir la solution la plus facile, la plus agréable pour vous !