Tata fera-t-il démarrer le marché de l'automobile low cost ?
En 2012, la petite Nano à 1700 euros du groupe indien Tata pourrait bien débarquer sur le sol européen. Opel et Volkswagen, de leur côté, annoncent qu'ils travaillent sur des modèles à 8000 et 6000 euros. Pendant ce temps, la Logan de chez Renault cartonne.
Lundi, le constructeur indien Tata annonçait son intention de lancer, d'ici quatre ans, une version européenne de sa Nano. Alors qu'elle n'a même pas encore goûté au bitume indien, puisqu'elle ne sortira qu'au deuxième semestre de cette année, la toute petite a déjà beaucoup fait parler d'elle.
Pas vraiment par ses innovations techniques, du reste assez limitées. Mais plutôt par son prix : 2550 dollars, soit 1730 euros. Un atout non négligeable dans un marché indien en pleine expansion, où le taux d'équipement automobile est d'à peine 7 pour 1000, contre 1 sur 2 en Europe ou aux Etats-Unis. Avec sa Nano, Tata compte clairement tailler des croupières à son principal opposant, Maruti-Suzuki. Numéro 1 de l'automobile en Inde, le tandem indo-japonais propose son modèle le moins cher à 4800 dollars (3200 euros). Par rapport à la Nano, c'est près du double. Mais tout de même, ça n'est pas énorme...
De quoi, en somme, faire rêver les consommateurs européens. Qui devraient donc, si l'on en croit le magazine allemand Focus, voir débarquer la Nano en 2012.
Toutefois, selon les observateurs, il est illusoire de croire que la Tata, si elle est commercialisée chez nous, sera vendue au prix pratiqué en Inde. Cité par Le Figaro, Gaétan Toulemonde, analyste automobile à la Deutsche Bank relève en effet que "Tata devra engager des frais pour mettre la Nano au niveau des exigences européennes". Celles-ci, tant au niveau de la sécurité que des normes environnementales, sont autrement plus sévères qu'en Inde. Et "cela se répercutera sur le prix de vente du véhicule".
Sans compter que, poursuit Gaétan Toulemonde, "les assurances pourraient se montrer méfiantes et maximiser le prix des contrats pour cette voiture low cost".
Néanmoins, cela ne serait pas de nature à décourager les consommateurs. Toujours selon Gaétan Toulemonde, "il y a une réelle demande pour des modèles de voitures simples et peu chers. Le pouvoir d'achat est devenu une question essentielle en Europe". Or, "les constructeurs automobiles multiplient les équipements dans les voitures pour maintenir leurs prix. Si la Nano arrive effectivement en Europe, les constructeurs locaux seront obligés de réagir."