aSmallWorld, le réseau social jet set
"Nous voulons rendre à Internet son intimité"

Erik Wachtmeister fondateur du site aSmallWorld.com
Il y a 3 ans, Erik Wachtmeister veut fonder un site web communautaire réservé à une élite.
Fréquentant le gratin de la planète, il propose à dix de ses amis d'investir dans sa société.
A une condition : qu'ils lui donnent par la même occasion leur cent meilleurs contacts.
Leur accord obtenu, aSmallWorld naît (Voir notre article sur le site).
Le fondateur de aSmallWorld revient sur le succès de son site, sa philosophie, et répond aux critiques contre cet univers fermé.
Comment définir aSmallWorld.com ?
Erik Wachtmeister, fondateur de aSmallWorld.net :
Nous sommes une entreprise de medias qui offre une plateforme communautaire en ligne à un groupe de personnes triées sur le volet.
Nous nous adressons d'autre part à des marques haut de gamme qui veulent s'adresser à ce petit groupe.
Comment avez-vous réussi à connecter ces personnes sur le Web ?
E. W. : Nous n'avons pas créé aSmallWorld, cette communauté existe en réalité depuis un siècle et nous l'avons simplement identifiée.
Une théorie dit que nous sommes tous connectés via six personnes :
le pape avec les cannibales de Guinée. Dans aSmallWorld, les gens sont connectés de la même manière.
Il y a un million, peut être trois millions de personnes exceptionnelles connectées par trois degrés de séparation et tout le monde se connaît dans cette petite matrice.
Il fallait tout de même en avoir l'idée...
"Small World est un Google social, un Wikipedia haut de gamme"
E. W. : Je l'ai eue il y a 10 ans.
Après avoir longtemps observé cette communauté, ses comportements sociaux.
Dix fois par an, ces gens se croisent dans les mêmes lieux : Roland Garros, les défilés de New York...
Ils se voient et s'écrient : "Que le monde est petit ! "(What a small world !).
Le site est né de là.
Ces personnes avaient besoin de se reconnecter, d'échanger des conseils et des informations propres aux personnes de leurs niveaux.
Nous leur en donnons les moyens et beaucoup plus : ASmallWorld est aussi un Google social, un Wikipedia haut de gamme, une version filtrée d'un site de recherche d'emploi comme Monster, un Gault & Millau de luxe.
Vous venez de cet univers particulier ?
E. W. : J'ai mené une vie très sociale pendant trente ans.
Je vivais à Washington. Mon père était ambassadeur de Suède.
J'y ai rencontré des tas de gens.
J'ai ensuite habité à New York dans les années 70 à l'époque du Studio 54 (NDLR : une boîte de nuit légendaire).
Puis à Los Angeles, Londres, Paris, en Europe de l'Est.
Je passais aussi mes vacances à Saint Tropez, Saint Barth', Saint-Moritz...
Quel est le profil de vos membres ?
E. W. : La communauté est très variée.
Les principaux pays de nos membres sont les Etats-Unis, l'Angleterre, l'Italie et enfin la France qui représente 8% de nos membres.
Côté professionnel, nous avons un peu de tout :
des gérants de fonds, des banquiers d'investissements, des traders, des consultants, des avocats, des gens des médias, de la mode, du marketing du sport, des artistes.
Nous avons aussi des hommes politiques brillants, des chercheurs et pas seulement des jet-seters, même si la caricature est facile.
Ces personnes ont quelque chose en commun.
Ce sont des gens intéressants, qui réussissent, qui sont diplômés, bien éduqués.
Ils ont donc une affinité naturelle.
"Si vous organisez un dîner chez vous, voulez-vous que des gens viennent de la rue ?"
Que répondez vous à ceux qui critiquent le caractère fermé du site ?
E. W. : Si vous organisez un dîner chez vous, voulez-vous que des gens viennent de la rue ?
Ce n'est pas parce que l'on est en démocratie que tout le monde peut débarquer!
Si vous êtes dans un club privé sur les Champs-Elysées, au jockey club, au polo club, c'est le même principe.
Les êtres humains doivent avoir la possibilité de créer des cercles privés.
Les gens ont besoin d'intimité et ce n'est par parce que l'on est sur Internet que tout est ouvert à tout le monde.
Nous leur rendons cette intimité.
FaceBook et MySpace sont valorisés plusieurs milliards de dollars. Combien vaut SmallWorld ?
E. W. : Je ne peux pas vous donner d'estimation mais, très prochainement, beaucoup d'argent.
Même s'il nous reste beaucoup de travail.
Nous allons continuer à croître prudemment mais une fois le nombre d'un million de membres atteint, nous devrons fermer l'accès au site.
Pour rester exclusifs.
Ces sites sont-ils des concurrents ?
E. W. : Nous n'avons pas de concurrent pour une bonne raison : nous sommes arrivés il y a quatre ans.
Or, il n'y a qu'une seule communauté de ce niveau.
En arrivant en premier, nous avons remporté la mise.
Nous avons les 5.000, peut être 10.000 personnes importantes dans toutes les grandes villes d'Europe et New York, Miami, San Francisco, Buenos Aires...
Et ils se connaissent tous !
Cousin de sites communautaires comme MySpace et FaceBook, aSmallWorld.net est un site réservé au "gratin" mondial.
Ce club privé - version 2.0 - revendique l'élitisme et les bonnes manières.
Je suis sur Small World. Ça n'a l'air de rien mais à l'heure de l'explosion du Web communautaire, où les sites comme MySpace et Facebook monopolisent l'attention de tous, cela vaut tous les signes extérieurs de richesse.
Oubliez d'ailleurs MySpace. Trop vulgaire. Oubliez aussi FaceBook. Faussement élitiste. Le site ne vient-il pas d'ouvrir le profil de tous ses abonnés à la consultation ? Small World, c'est le MySpace de l'élite, le FaceBook de la jet-set. Un site où Naomi Campbell et Quentin Tarantino fréquentent le gratin de la finance, du management, de l'art et des médias.
Luxe, calme et société
Car le petit monde de aSmallWorld a une particularité : il est fermé. Sa page d'accueil donne d'ailleurs le ton : "aSmallWorld est une communauté en ligne privée faite pour ceux qui ont déjà des liens forts les uns avec les autres". En d'autres termes : un réseau.
Pour rejoindre Small World, comme dans les clubs privés de la sphère réelle, il faut donc une invitation en bonne et due forme. "Si vous n'avez pas reçu d'invitation, demandez à un ami de vous inviter. Si vous n'avez pas d'amis membres. Soyez patient", avertit aSmallWorld. Après avoir reçu ce Saint Graal, les premiers pas sur le site ne trompent pas. Ici, les annonceurs sont des marques de luxe. Grand luxe. Des fabricants de montres qui coûtent un bras, des loueurs de jet privé, des banques suisses...
Pour se faire une idée de ses nouveaux e-congénères, petite visite du profil des derniers inscrits français : un diplômé de polytechnique, une autre de l'Essec, plusieurs de l'Insead, l'école de commerce qui compte parmi ses élèves un prestigieux personnage de fiction, le milliardaire aventurier Largo Winch... Autant dire, une foire aux grandes écoles fréquentées par une jeunesse dorée.
Fils et filles de
Sur Small World, les particules se ramassent à la pelle. Les jet-seteurs et les courtiers aussi. Quelques aristos désargentés et des fortunes désœuvrées se moqueront les pourfendeurs de l'élitisme. "On y retrouve tous les fils et filles des patrons du CAC 40", s'amuse Rasmus Michau auprès de LCI.fr. Directeur d'une agence de création et organisateur de soirées select, il se sert surtout du site pour prendre contact avec des personnes croisées lors de ses sorties. Il tempère pourtant : cette bonne société ne représenterait que "10% des membres du site". "Rien ne m'empêche d'ailleurs d'inviter ma concierge sur Small World", conclut Rasmus Muchau.
A condition d'avoir le droit d'inviter de nouveaux membres sur le site. Ce privilège est réservé à quelques happy few sur des critères qui restent mystérieux. Isabelle est de ceux-là. Responsable stratégie dans un fond d'investissement, elle utilise Small World pour ses "contacts de qualité" au quatre coins du globe : "J'y ai trouvé un appartement à louer à New York en deux jours !".
John Mc Enroe pour ma mère
Rien n'est en effet top beau pour les 255.000 membres de marque du site. En plus de se créer un riche réseau en ligne grâce à la fameuse théorie des 3 degrés de séparation (je connais untel qui connaît untel qui connaît untel), les membres ont accès à des forums et des bons plans exclusifs. Pour trouver une bonne table à Tokyo ou un vétérinaire de qualité à Aspen ou Monaco, par exemple.
Mais cela donne souvent dans le - très - caricatural. Qui a une adresse pour louer un yacht à Saint Barth ou une voiture de luxe à Dubaï ? Qui connaît le téléphone de John Mc Enroe pour l'inviter à l'anniversaire de ma mère ? Qui pour vendre un immeuble exceptionnel à Paris dans les "80 millions d'euros" ?
Paris Hilton a adoré
SmallWorld, c'est pourtant bien plus que ça. Un magazine de luxe en ligne, un agenda des évènements incontournables, des conseils pour voyager... Et surrtout une bourse aux emplois haut de gamme entre personnes de bonne compagnie. Le site est pour les avocats d'affaires et les grands financiers "un facilitateur de business". Si une personne est sur Small World, c'est qu'elle est fréquentable commercialement parlant. Pas question de laisser entrer un Christophe Rocancourt.
Impossible enfin de ne pas parler des fêtes de Small World. Le site a fait parler de lui pour être un vivier d'invités triés sur le volet pour les organisateurs de soirées les plus select de la planète. A Small World n'en a organisé directement que deux, légendaires, à Saint Tropez (Paris Hilton a adoré...), mais il n'est un soir sans que ses membres organisent des sauteries guindées dans le plus grandes villes du monde. Le champagne y coule à flot et vous avez toutes les chances d'y rencontrer une petite starlette hollywoodienne ou le banquier de votre banquier. A condition d'être invité.